'La musique est universelle' (John Marino) 

 

 

 'Klaus Nomi par John Marino'

# traduction François Duboux 16/04/2004

 

Vers la fin des années 70, j’étais membre d’un groupe de pop du circuit new yorkais qui donnait pas mal sur scène, les Speedies. Un jour, mon manager m’a parlé d’un nouveau talent appelé Klaus Nomi. On m’avait dit qu’il était excentrique, profond et que son show était très visuel. En plus il chantait du rock opéra, ce qui a éveillé ma curiosité. Et comme nous jouions dans les mêmes clubs du coin, je me suis dis qu’il fallait absolument que je le rencontre ! Et je l’ai rencontré ! Une nuit, dans un petit club de New York appelé «The Anvil » (l’enclume), mon chemin a croisé celui d’un étrange personnage, et je savais que ce devait être Klaus Nomi. Pour m’en assurer, je me suis approché de lui pour lui demander : « Es tu Klaus ? » Ce a quoi il répliqua « Do you Nomi ? » (« Est-ce que tu me connais ? » version Nomi). Je lui répondis que non, mais que je voulais faire sa connaissance. Alors, Klaus m’a présenté à son ami Joey Arias avant de quitter le club en ma compagnie pour rejoindre son appartement dans le Greenwich village. Nous sommes tout de suite devenus amis et le fait que je sois aussi étrange que lui n’y était pas pour rien. En tout cas, c’ est ce que je pense. Klaus était vraiment spécial, doté d’un talent hors du commun et d’une voix incomparable qui pouvait chanter dans des tonalités extrêmes. Klaus m’avait donné l’occasion d’écouter sa musique avant qu’elle ne soit enregistrée : il m’avait prêté une cassette de sa musique en demandant de ne pas la copier, mais évidemment, c’est ce que j’ai fait ! C’était les trucs qu’il faisait à ses débuts. Des trucs qui ont étés mis sur son premier album ainsi qu’une version live d’un morceau de Donna Summers appelée « I feel love » transformée en « I feel sick ». C’était amusant, original et je n’avais jamais rien entendu de semblable. Je lui ai rendu la cassette, sans lui dire pour la copie. Et de fil en aiguille, nous sommes devenus des camarades réguliers : il venait voir mon groupe jouer et moi, j’allais voir ses performances. Quand mon disque « Let me take your Foto » est sorti, sa réaction a été « Donc ton disque sortira avant le mien », juste avant de se mettre à rire, avec moi. Il chantait souvent pour moi dans son appartement et une fois, il m’a demandé mon avis sur son show, ce a quoi j’ai répondu qu’il était sans l’ombre d’un défaut. Rapidement, il a été contacté pour faire un show au Ritz, à New York. Ce spectacle était appelé « URGH ! A Music War » et devait être enregistré pour un futur album. Je suis venu le voir, et je l’ai aidé à fermer son costume pour le show. « Total Eclipse » ! La foule rugissait de satisfaction ! Même si la plupart des spectateurs ne savaient pas qui il était ! Peu après ce concert, ses spectacles se jouèrent à guichet fermé. Par la suite, alors qu’il enregistrait son second album, « Simple Man », Klaus est tombé malade. En effet, Klaus savait qu’il était malade quand il enregistrait « Death », cela s’entendait dans sa voix ! Après son apparition avec David Bowie au Saturday Night Live Show, avec Joey à ses cotés, il est devenu impossible de se rendre à l’un de ses spectacles sans venir très tôt, ou sans être sur une liste d’invités comme je l’étais à chaque fois. L’industrie du disque se souviendra de Klaus comme d’un artiste vraiment talentueux et original. Le Sida nous l’a arraché à une époque où malheureusement, personne ne savait vraiment ce que cette maladie était réellement. Il a été emporté trop vite, alors qu’il avait tant de chosesà partager avec le monde. Il disait la vérité quand il chantait

« We came from outer space to save the human race ».

Nous ne t’oublierons jamais Klaus !

John Marino

 

 

'The Twist' Chubby Checker, performed by Klaus Nomi


Copyright (c) 2003-2006 klaus-nomi.com.