Retour

 

EN MEMOIRE DE KLAUS NOMI PAR GEORGE ELLIOTT

 

'Il y avait entre eux l'intimité d'un secret bien gardé...' (Marguerite  Yourcenar)'

 

 

EN MEMOIRE DE KLAUS NOMI 

George Elliott 01/01/2004

# traduction François Duboux

Les relations que j'entretenais avec Klaus se sont développées selon trois axes : en tant que voisins, collaborateurs et passionnés de musique classique (pas seulement de pop).Ce sont, en plus de ma droiture d'esprit, des qualités que n'avaient pas les collaborateurs habituels de Klaus. Il avait la générosité de me prêter ses albums qu'il s'agisse de Classique ou de Rock et je faisais de même. Il avait tous les opéras de Wagner, des tonnes de disques de Callas et quantités d'albums de compositeurs classiques d'opéra.

La lecture du livre de Toth m'a poussé à acheter Perceval qui fut mon premier opéra wagnérien. Klaus me recommanda plusieurs albums et suivant ses conseils, je courrais chez J&R m'en procurer un (Il ne résista pas bien longtemps à la tentation et me supplia bien vite de lui prêter !). J'avais la version orchestrée par Dorati d'unesélection de morceaux de Wagner et Klaus, après avoir écouté son interprétation de la chevauchée des Valkyries, me demanda de l'enregistrer pour la passer en ouverture de ses spectacles.

A cette époque (fin 70-début 80) ma production créative était en plein expansion : j'étais directeur artistique et je devais remplir le répertoire de non pas un ni deux mais trois groupes de musique expérimentale pendant la période new wave. Le studio Page Wood de la 17ème rue était l'endroit où nous répétions, enregistrions, planifions et lancions une foultitude de groupes comme Come On, Container, Stange Party et bien sur, Nomi. Klaus nous avait rencontré pendant le New wave Vaudeville show où son apparition fut l'apogée du spectacle, alors que Come On (qui jouait alors Businessmen In Space) n'était que le second groupe le plus populaire/mémorable ! 

Lorsque j'ai commencé a produire de la Pop-Classique en série, j'avais l'incroyable Nomi en tête pour la chanter : 'Icurok' et 'Za Bak Daz' !en sont les principaux exemples avec three wishes. Ce dernier morceau était tout d'abord joué par mon groupe, Container ; et Klaus, qui était séduit par leurs performances le voulut pour son répertoire.


Tout le reste n'est qu'histoires, jusqu'à l'effondrement de son état de santé et la tournure tragique qu'elle a prise... 

Un jour, le téléphone sonna. " George ? C'est Nomi !" -Bien que terriblement affaiblie par la maladie, il n'existait pas de voix plus reconnaissable-. " Je suis à l'hôpital. Peux tu me rendre un gros service ? Je MEURS d'envie d'entendre de la MUSIQUE ! Pourrais-tu prendre de l'argent dans la cachette de mon appartement (parmi ses albums) et aller chez J&R m'acheter les cassettes du Hollandais Volant " -un des enregistrements de Richard Wagner les plus populaires- …" Merci …"

J'ai bien sûr accepté. Comme j'étais un proche voisin, Klaus me faisait confiance pour me donner la tache de m'occuper de son courrier et de ses plantes en son absence, donc j'avais sa clef. Le jour où je lui ai donné les cassettes à l'uptown hospital a été le dernier où nous nous sommes vus.

Klaus sera fier de voir son film dont la première aura normalement lieu en Février, à l'approche de son anniversaire. Et je suis sûr qu'il est fier d'un site comme celui d'Isabelle.

George Elliott   

 

 

'Forehead', by George Elliott

 


Copyright (c) 2003-2006.klaus-nomi.com